Augustin Cauchy, mathématicien

Augustin Louis Cauchy est né à Paris le 21 août 1789, un mois après la prise de la Bastille. Son père, pressentissant la révolution naissante, déménagea à Arcueil. Ayant échappé à la guillotine, la famille était pauvre et le jeune homme généralement mal nourri. De cette époque, le futur mathématicien garda une santé précaire pour le reste de sa vie. Pendant les onze années passées à Arcueil, Augustin reçut une éducation classique et pro-monarchiste de son père, qui écrivait ses propres manuels en vers, et une éducation religieuse stricte de sa mère. Cet enseignement l’influencera le reste de sa vie. Ses convictions politiques et religieuses affirmées lui aliéneront la majorité de ses compatriotes.

En 1800, alors que la situation politique se stabilisait, la famille Cauchy retourna à Paris. Pendant cette période, les talents du jeune Augustin furent reconnus par deux grands mathématiciens : le Marquis de Laplace et Joseph Lagrange. Tous les deux l’encouragèrent à continuer dans les mathématiques. Ainsi que l’avait prédit Lagrange, il pourrait probablement les dépasser tous les deux. Cependant, Cauchy suivit des études d’Ingénieur. Après avoir été diplômé de Polytechnique et de l’Ecole des Ponts et Chaussées, il devint ingénieur dans l’armée Napoléonienne à Cherbourg. Il trouva cependant le temps de s’intéresser aux mathématiques. Pendant les trois années passées à Cherbourg, il publia plusieurs articles intéressants, dont notamment celui qui donna à la notion mathématique de déterminant son acception moderne. Tout ce travail de recherche mathématique finit aussi de lui ruiner la santé, ce qui mit fin à sa carrière militaire.

Avec maintenant tous ses efforts concentrés sur les mathématiques, Cauchy devint une vedette de la scène mathématique. Il devint professeur à Polytechnique en 1816. Puis, à l’âge sans précédent de 27 ans, il est élu à l’Académie des Sciences de Paris. Etre sélectionné pour l’Académie était l’un des plus grands honneurs qui pouvaient être faits à un scientifique. Malheureusement, son acceptation du poste fut controversée. A cette époque, Napoléon venait d’être destitué, et les Bourbons restaurés sur le trône. Le nouveau Roi remplaça les partisans de l’Empereur, y compris Gaspard Monge, membre de l’Académie. Malgré ses opinions politiques, Monge était un des plus grands mathématiciens français, et sa destitution fut considérée comme un outrage. Cependant, quand le siège fut offert à Cauchy, celui-ci accepta sans réserve. En tant que royaliste fervent, il ne voyait rien de condamnable dans la destitution d’un ennemi du Roi, et considéra comme un devoir envers la monarchie d’accepter la place. Cette nomination ne passa pas bien auprès de beaucoup de ses compatriotes, et lui induisit beaucoup d’ennemis. Il continua son travail, et se maria deux ans plus tard. Sa femme était isue d'une famille d'éditeurs parisiens, qui publieront nombre de ses travaux.

Ce ne serait pas la dernière fois que ses opinions politiques lui causèrent des problèmes. En 1830 après le renversement du Roi Charles X, les membres de l’Académie furent obligés de signer un acte d’allégeance au nouveau Roi Louis-Philippe. Ayant déjà fait allégeance à Charles X, Cauchy refusa. Il fut destitué et s’auto-exila en Suisse sans sa famille. Il devint professeur à l’Université de Turin et pensait passer le reste de ses jours à travailler sur les mathématiques. Il ne devait pas en être ainsi. Deux ans plus tard, Charles X, maintenant en exil, lui demanda de superviser l’éducation de son neveu Henri. En tant que bon royaliste, il accepta et fut rejoint par sa famille à Vienne. Son nouveau rôle l’accapara tant que ses travaux mathématiques en souffrirent. Il trouva une échappatoire quand il retourna à Paris en 1838, où sa candidature pour une chaire vacante au Collège de France. Avant de partir, Charles X lui décerna le titre (inutilisable) de Baron. Il refusa toujours de faire allégeance à Louis Philippe et se battit constamment pour tenir sa position, ce qui lui ferma la porte du Collège de France ainsi que du Bureau des Longitudes. Finalement il retrouva sa place à l’Académie en 1848 avec un profesorat à la Sorbonne, après la Révolution de juillet et la fuite de Louis-Philippe. Reconnaissant sa valeur à l’Académie, il fut exempté d’allégeance à Napoléon III en 1852.

Chrétien convaincu, il faisait profession publique de sa foi. Il prenait part à de nombreuses organisations de charité. Il a été l'auteur d'un appel au Pape durant la famine de 1846 en Irlande, a écrit des mémoires pour la défense des collèges Jésuites attaqués sous Louis Philippe. Membre actif de la Société de Saint Vincent de Paul et de l'Association pour la liberté du dimanche, il fit partie en 1856 des fondateurs de l'Oeuvre des Ecoles d'Orient (devenue l'Oeuvre d'Orient) avec M. Falloux et M. de Montalembert.

Dans le domaine mathématique, il a contribué à de nombreuses branches. On lui doit notamment des théorèmes sur la convergence des séries, les racines complexes, les intégrales, le calcul différentiel et des résidus. Il fut un pionier dans l'application des mathématiques à la physique, l'optique et l'astronomie

Augustin Cauchy est mort le 23 mai 1857, d’une fièvre contractée pendant un voyage entrepris pour améliorer sa santé. Ses derniers mots furent " Les hommes meurent, mais leurs travaux restent "

Il est enterré au cimetiere municipal de Sceaux, au premier arbre à droite en descendant l'allée centrale. Il repose à côté de sa femme Aloïse et de ses beaux-parents.

Son nom a été donné à un cratère sur la lune.

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