Jules de Saint Pol

Petit fils de François-Nicolas de Saint Pol [128], Jules naquit à Reims le 16 décembre 1810. Manifestant dès son enfance un penchant très prononcé pour la carrière des armes, ses parents l'envoyèrent jeune encore à l'école militaire de La Flèche. A 16 ans il entrait à l'école spéciale de Saint Cyr et en ressortait à 18 avec le grade de Sous-Lieutenant.

En 1831, son aptitue militaire le fait désigner par le gouvernement Français pour concourir à l'organisation de l'armée Belge. Il est successivement Lieutenant puis Capitaine. Le 28 novembre 1839 le Roi Léopold reconnait ses brillants services en lui décernant la croix de chevalier de son ordre.

A cette époque, il rentre au service de la France. Il est envoyé sur sa demande en Afrique le 4 janvier 1842. Capitaine dans le régiment des zouaves, il se distingue contre les arabes, particulièrement au combat du 30 octobre 1845 où sa conduite lui valut une citation à l'ordre de l'armée. Nommé chef de bataillon, il fut alors appelé au commandement spécial du 7éme chasseurs à pieds.

A son retour en france, nommé Chelalier de la Légion d'Honneur le 11 avril 1850, il est désigné l'année suivante en 1851 pour faire partie du bataillon de l'armée d'occupation en Italie.

Nommé Lieutenant-Colonel six mois après, il ne fait pas un long séjour à Rome car il obtient d'être de nouveau envoyé en Afrique. Passé avec son grade au 2éme régiment de la Légion Etrangère, c'est avec ce corps qu'il fait l'expédition en Kabylie. Il se distingue comme d'habitude par sa bravoure et son sang-froid au cours de ces combats. Il reçoit un coup de feu à la tête et perds son cheval en sauvant un de ses hommes tombé entre les mains des Arabes.

Cité pour sa valeur pendant tout le cours de cette expédition, il fut nommé officier de la Légion d'Honneur le 6 août 1852. Promu colonel au 25éme régiment d'Infanterie, il alla rejoindre ce corps à Rome au commencement de Janvier 1853, ce qui lui valut de prendre sa large part dans la mission de la France qui assura par son intervention l'indépendance du Pape. Le Saint Père lui donna en témoignage de sa reconnaissance la croix de Commandeur de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand.

Impatient de partager les lauriers de ses frères d'armes en Crimée, il écrivait à sa mère déjà veuve :"Ma seule crainte, c'est de ne pas arriver assez tôt pour l'assaut de Sébastopol".

A son arrivée en Orient, Jules commanda le 3éme régiment de Zouaves et à la bataille d'Inkermann, il conduisit au combat la 1ére brigade d'Infanterie. Il reçoit le 17 mars 1855 le grade de Général de Brigade. les rapports officiels le signalent comme alliant au courage et à l'intrépidité, l'intelligence, le sang-froid et la science qui distinguent les meilleurs généraux. Blessé plusieurs fois au cours du siège, il trouve à 45 ans au mémorable assaut de la tour Malakoff, une mort glorieuse à la tête de sa brigade qu'il ramène pour la troisième fois au combat.

Son corps repose en Crimée, entre les deux Colonels de sa brigade également tombés au champ d'honneur, dans un monument que les Zouaves auxquels il fit appel en mourrant lui ont élevé de leurs mains.

Son nom figure le premier sur le tableau d'honneur destiné à perpétuerla mémoire des généraux tués en Orient, dans la grande salle des maréchaux à versailles et son buste en marbre y fut placé par ordre de Napoléon III.

A mla demande des habitants de Nogent le Rotrou, Napoléon III, par un décret du 10 janvier 1856, autorisa cette ville à élever au Général de Saint Pol un monument dont l'inauguration eut lieu le 18 octobre 1857. La statue était en bronze et le piédestal orné des armes Saint Pol avec cette inscription latine :

JAM NOBILIS, MORTE NOBILLIOR

A JULES DE SAINT POL, GENERAL DE BRIGADE

MORT GLORIEUSEMENT A L'ASSAUT DE LA TOUR MALAKOFF

LE 8 SEPTEMBRE 1855

LA VILLE DE NOGENT LE ROTROU

Cette statue a été détruite et fondue par les Allemands pendant la guerre de 1940, mais la plaque des inscriptions est fixée sur le mur exterieur de la mairie et la place centrale de Nogent le Rotrou porte le nom de "Place du Général de Saint Pol"

Une réplique miniature de cette statue est encore visible au musée de l'armée de Bruxelles, dans le parc du Cinquantenaire.

Ses états de service sont consignés au ministère de la guerre.

Bibliographie reprise d'une étude sur la Maison de Saint Pol, par Yves de Saint Pol

Pour voir les cartes postales de la statue du Général de Saint Pol, cliquer ici

Aller à la fiche de ses parents dans la base complète

retour à la section généalogie

Me laisser un courriel

Page décorée grâce à patswebgraphics