Marc-Antoine de Saint Pol Hécourt, Capitaine des vaisseaux du roi Louis XIV

Le chevalier de Saint Pol Hécourt, capitaine de l'escadre des
vaisseaux du roi à Dunkerque
,
fut le compagnon d'armes et le digne émule de Jean Bart.
Il entre dans la marine à 15 ans en 1680 et débute dans les escadres de Duquesne et de Tourville. Il obtient le 1er janvier 1691 le grade de lieutenant de vaisseau. Le 1er janvier 1693 il est promu capitaine des vaisseaux du Roi et affecté au département de Dunkerque.
En 1694 il prend le commandement de la frégate "Le Mignon", armée de 44 canons. Il reçoit l'ordre d'entraver la pêche des hollandais, de capturer les bateaux charbonniers anglais expédiés de Newcastle, mais avant tout de ramener en France un convoi de grains très attendu. La France est alors en guerre contre l'empire allemand, la Hollande, l'Angleterre et l'Espagne (guerre d'été de la ligue d'Augsbourg).
Le 29 juin 1694 la bataille du Texel oppose l'escadre française et l'escadre espagnole. Elle tourne à l'avantage des français, malgré l'infériorité numérique (7 navires et 302 canons contre 8 navires et 388 canons). Après deux abordages, Saint Pol se rend maître du navire hollandais "le Stadenlande". Les français rentrent à Dunkerque avec une importante quantité de blé
Avec Jean Bart il se distingua à la défense de Dunkerque bombardée en 1695 par Lord Berkeley et au second combat du Texel livré le 17 juin 1696.
Fait capitaine de vaisseau en 1698, il prend à l'abordage en 1699 un vaisseau de guerre hollandais de 50 canons.
Il commandait dans l'escadre du Prince de Condé au voyage de Dantzig.
Monté sur l'Ardoit, frégate de 30 canons, il attaque le 21 avril 1703 un convoi de bâtiments Anglais escortés par deux vaisseaux de guerre. Il ne dispose que de deux frégates française, d'une ostenaise et de quelques petits voiliers. Après un combat assez long, il s'empare du plus gros vaisseau de guerre ennemi et de 8 ou 10 vaisseaux marchands.
Le 12 juin 1703, il fait la chasse près des îles Shetland à la flottille hollandaise des pêcheurs de harengs, que protègent quatre vaisseaux de guerre. Trois sont attaqués et enlevés à l'abordage, le quatrième échappe grâce à la brume. Pendant l'action, la flotte des pêcheurs se sauve dans les ports de Shetland mais on parvient à la découvrir et plus de 160 barques sont livrées aux flammes.
En Août 1703, nouveau combat et captures sur les côtes de Norvège, il se rend maître de trois vaisseaux hollandais qui escortent 200 navires de pêche; la flottille des pêcheurs est anéantie.
Présenté au Roi par le ministre de la marine le 10 décembre 1703, il reçoit en récompense de ses exploits une pension de 500 écus.
En août 1704, à la hauteur de Brest, il rencontre quelques vaisseaux de guerre Anglais. Sans tenir compte de l'infériorité de ses forces, il leur donne chasse et l'un des vaisseaux est saisi et amené au port.
En mai 1705, il sort de Dunkerque avec deux vaisseaux de guerre et une frégate. A deux lieues du Texel il découvre une flottille marchande hollandaise qui venait d'Angleterre, escortée par deux navires de guerre. Il attaque l'un de ces vaisseaux et le brûle. Il prend et mène à Dunkerque six bâtiments chargés de marchandises et estimés 100 000 écus.
En octobre 1705, à la tête d'une escadre de quatre vaisseaux
du Roi, il croise sur le "Dogger bank" lorsqu'il
aperçoit trois vaisseaux de guerre anglais et onze navires
marchands qui viennent de la baltique. Tandis que Jean Bart,
appuyé par cinq armateurs qui l'avaient rejoint, se rend maître
des convois de marchandises, il aborde le vaisseau monté par le
commandant anglais. Frappé mortellement pendant l'action d'un
coup de mousquet en pleine poitrine, il expire le 31 octobre à
l'heure d'une dernière victoire.
Les vaisseaux de guerre Anglais ainsi que les navires
marchands sont capturés et amenés à Dunkerque.
Il est inhumé dans l'église Saint Eloi à Dunkerque, avec les honneurs dus à sa valeur et à sa naissance. Le Roi a accordé une pension à chacun de ses trois neveux.
Dans le Hameau de Tornegat, à l'ouest de Dunkerque, un
cabaret s'installe et prend pour enseigne "Au grand Saint
Pol". Désormais on préfère dire "Aller à Saint Pol
plutôt que "Aller au Tornegat" et cette appellation va
s'imposer jusqu'à la création de la commune de
Saint-Pol-sur-Mer en 1877. A l'occasion de son tricentenaire, la
municipalité a inauguré la Place du Chevalier de Saint Pol
et l'a personnifié en jacquemar sur
le nouveau beffroi.
Bibliographie : "Dictionnaire de la Noblesse Française, tome 9" par F. Auber de la Chesnaye
Portrait repris de "Saint Pol sur mer, histoire, vie et traditions populaires" par E. Genty, Westhoek éditions 1980
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